Les IA génératives ont fait une entrée fracassante dans de nombreux domaines en 2023. Le SEO (Search Engine Optimization), ou référencement naturel, est en première ligne dans cette révolution. La recherche sur internet se transforme progressivement, en incorporant de plus en plus d’IA. En 2024, Google parlait de SGE (Search Generative Experience) et en 2025 on assiste à une avalanche de modèles d’IA génératives, qui grignotent le monopole de la recherche de Google. Quels seront les impacts de ces technologies sur la visibilité de votre site internet ? Comment adapter vos pratiques SEO face à ce changement ? Voici quelques réponses.
Au programme de cet article :
Les principes du SEO
Le SEO, vous connaissez certainement. C’est un ensemble de techniques qui visent à classer un site web le plus haut possible dans les pages de résultats des moteurs de recherche (SERP) sans avoir à faire de la publicité. Le but étant d’augmenter la quantité de trafic organique (ou gratuit) que reçoit ce site.
Pour bien référencer un site, il faut suivre un ensemble de bonnes pratiques comme :
- Optimiser le site techniquement. Les pages doivent se charger rapidement, être compatibles mobiles et ne pas renvoyer d’erreurs.
- Créer du contenu unique et de qualité basé sur votre expertise. Les textes doivent être bien structurés, répondre à l’intention de recherche de l’audience ciblée et capter son attention.
- Faciliter l’expérience utilisateur en soignant le design des pages et la structure du site.
Google, en tant que moteur de recherche dominant, dicte les règles. Ses critères actuels d’évaluation des sites sont basés sur le concept E-E-A-T (“Experience”, “Expertise”, “Authoritativeness” et “Trustworthiness”), c’est-à-dire expérience, expertise, autorité et fiabilité en français. Suivre les consignes attachées à ce concept est la base d’une bonne stratégie de référencement.
Mais cela est-il suffisant pour rester visible dans les résultats des moteurs de recherche basés sur les IA génératives ?
La SGE : amorce de la mutation des moteurs de recherche
La SGE, le G étant pour générative, est le premier terme donné par Google à cette nouvelle façon de chercher sur le web. Avec cette technologie, les moteurs de recherche utilisent des IA génératives pour fournir à l’internaute une réponse articulée à sa question. Cette réponse peut être un résumé, ou un résumé comprenant des extraits, généré à partir des informations les plus pertinentes des sites web référencés.
Le but annoncé de la SGE était de transformer l’expérience de recherche en ligne en fournissant aux utilisateurs des résultats plus pertinents, précis et personnalisés. Le format de la page de résultats de recherche (SERP) est profondément modifiée. En atteste l’étude suivante réalisée en 2023 qui avaient fait trembler le monde du SEO.
Retour d’expérience de Google SGE en 2023
Dans cette étude réalisée en décembre 2023 par l’agence SEO Authoritas sur un large échantillon de requêtes, les résultats obtenus avec Google SGE sont sans appel.
“Il s’agit sans doute du plus grand changement dans le domaine du search au cours de la dernière décennie. Si Google décide de déployer l’incarnation actuelle de ses résultats de recherche génératifs, les référenceurs verront le trafic et la valeur des classements organiques se dissiper.”
Authoritas.com, 04/01/2024
Voici l’ampleur du problème en chiffres (résultats obtenus à partir de 1000 requêtes soumises via plusieurs comptes Google aux États-Unis et sur desktop) :
- Google affiche un élément SGE pour la majorité des requêtes (86,8%).
- Lorsqu’un utilisateur clique sur le bouton SGE ou le lien “En savoir plus”, les premiers résultats organiques descendent très bas dans la page (plus de 1 500 pixels, soit environ 1,5 fois la hauteur de la fenêtre de visualisation).
- Les liens contenus dans l’élément SGE proviennent en moyenne de 4 domaines uniques.
- La grande majorité des liens génératifs (93,8% dans cet ensemble de données) proviennent de sources extérieures aux domaines organiques les mieux classés.
Ces exemples sont sans compter la personnalisation de la recherche qui devrait être beaucoup plus poussée avec la SGE que le SEO.
Petite expérience avec Bing copilot version 2024 et 2025
En France début 2024, ce mode de recherche n’était disponible que via Bing, le moteur de recherche de Microsoft. Appelé Copilot, la SGE de Bing était propulsée par GPT-4. J’avais donc fait un test avec Copilot (conversation) sur la requête “Qu’elle était la meilleure agence de formation en communication scientifique en France”. Vous pouvez voir le résultat dans l’image ci-dessous.

La réponse, très détaillée, décrit les prestations d’une seule agence. Le lien vers le site web de cette agence est donné en fin de réponse. Deux autres liens sont fournis, mais ils ne pointent par vers des agences. Donc, dans cet exemple, si vous n’êtes pas numéro 1, vous n’existez pas… En revanche, pour l’agence sélectionnée, c’est un énorme coup de projecteur. Ici, l’intention de recherche étant d’identifier une agence pour la contacter, la chance de clic vers le site de l’agence est proche de 100 %.
J’ai refait ce test en 2025 et voici le résultat :

C’est la même agence qui est citée en première position, mais deux autres agences sont aussi mises en avant. Autres différences notables avec la réponse de 2024, la réponse est beaucoup plus concise et les liens vers les sites sont plus discrets.
Si la version 2024 cherchait à donner une seule réponse (la meilleure ?), la version 2025 est en fait basée sur le résultat d’une recherche locale sur Bing, d’où le nombre de trois réponses.
Sur ce type de requête, il vaut mieux être dans le top 3 donc, mais quid du taux de clic ? La position 1 a-t-elle le même avantage que sur une SERP classique ? L’expérience nous le dira.
L’ère de la SGO (Search Generative Optimisation)
Si, début 2024, je n’avais que Copilot pour explorer une recherche avec IA générative, aujourd’hui les outils sont (trop) nombreux. De ChatGPT Search à Gemini en passant par Mistral ou Perplexity, qui gagnera la course à l’adoption par le plus grand nombre ?
Avec 400 millions d’utilisateurs par semaine, ChatGPT a pris de l’avance, mais les pratiques changent très vite dans ce domaine. Perplexity semblent aussi gagner du terrain sur Google. Mais Google n’a pas dit son dernier mot et reste leader du Search pour l’instant. Les réponses données par ces modèles d’IA sur la requête prise en exemple plus haut sont très différentes d’un modèle à l’autre et s’éloignent des résultats d’une SERP Google (réponses trop longues pour les montrer ici).
Alors quelles stratégies adopter pour se préparer à cette révolution ? Les experts s’accordent pour dire que les grands principes du SEO restent valides : avoir un site qui coche toutes les cases des critères E-E-A-T et des contenus qui répondent précisément aux intentions de recherche de votre audience. Connaitre votre cible et produire du contenu qui répond parfaitement à ses attentes reste donc votre priorité. Mais, il faudra diversifier les canaux et les formats de communication et mettre l’accent sur la promotion de votre marque.
Surveiller l’adoption de ces outils IA par vos utilisateurs est crucial pour adapter vos pratiques. Il faudra faire beaucoup de tests et surtout suivre de près l’évolution des différents modèles d’IA.
Une chose est certaine, tout le monde doit s’adapter et repenser sa stratégie SEO/SGO pour rester dans la course à la visibilité sur le web.
L’image mise en avant a été générée avec FLUX.1.1 Pro via l’interface Mammouth AI.